Visa pour l'image 2018. Les mineurs du Potosi par Miquel Dewever-Plana.
Visa pour l'image 2018. Les mineurs du Potosi par Miquel Dewever-Plana.

Pour savourer l’instant présent, de paix et de prospérité, allez donc arpenter les couloirs du monde entier aux expositions Visa pour l’image de Perpignan.
Les grognons, les grincheux de la vie quotidienne, les énervés du retard de TGV sont priés d’embarquer pour leur séjour à Visa pour l’image de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Pour une Visathérapie. Pour se remettre en phase avec les réalités du monde tel qu’il est. Qu’ils prévoient une journée minimum, bien remplie, pour parcourir la vingtaine d’expositions sélectionnées parmi les meilleurs photoreportages réalisés dans le monde entier. Plus des petits temps de pause pour s’aérer l’esprit au grand soleil de Perpignan et reprendre des forces. Car l’épreuve de visite est déroutante, intense, prégnante. Ici, la réalité des choses est présentée sans fard ni maquillage, le matin au saut du lit.

« Nous choisissons de montrer le monde tel qu’il est. Nous n’avons jamais changé de credo depuis le démarrage de cette fantastique aventure. Nous sommes là pour éveiller les consciences et dire la situation du monde. Et jusqu’à présent, personne, parmi les visiteurs, ne s’est plaint de nos choix » répond Jean François Leroy, directeur-fondateur de Visa Pour l’image. Le festival draine plus de 200 000 visiteurs chaque année en deux semaines et plus de 3000 professionnels pendant les premières journées qui, rassemblent chaque année la crème de la planète « photoreportage ».

Encaisser les chocs  successifs

Jean François Leroy, fondateur de Visa devant la photo iconique de Massoud (Pascal Maître).

Pour survivre, psychologiquement parlant, à une présence prolongée à Visa encore faut-il être solide sur ses jambes, être capable d’encaisser les chocs émotionnels successifs. Il faut voir les images des migrants de la terre entière. Par millions, ils sont en marche permanente vers un monde qui leur serait meilleur. Moins pire que la guerre qui a calciné leur vie et le peu de biens qu’ils possédaient (Yemen cette guerre qu’on nous cache par Véronique De Viguerie.Visa d’Or Paris-Match 2018). Moins pire que la persécution dont ils font l’objet (Les Rohingyas, peuple opprimé et chassé,  vus de Birmanie par Kevin Frayer et par Paula Bronstein). Moins pire que le quotidien de ceux qui vivent dans toutes les villes de Syrie.Toutes, sans exception, pilonnées, sapées comme jamais dans le sens dramatique du terme comme on le constate à Visa pour l’image.

“Apprécier d’avoir un toit, un lit…”

« Pour moi ce que je viens de voir à Visa pour l’image, c’est une leçon de vie. Cela donne une plus grande valeur encore à notre vie à nous, à notre confort douillet. En rentrant chez moi, je vais apprécier d’allumer la lumière, de prendre une douche, d’avoir un lit et un toit pour dormir, de pouvoir me déplacer librement et sans contrainte dans un pays démocratique et d’avoir de quoi manger chaque jour sans aucune limite. C’est notre quotidien à nous, heureux forcément heureux. Ce n’est pas le quotidien du reste du monde» s’exclame cette visiteuse catalane après avoir longuement fixé cette succession de misère du monde.

Ainsi a-t-elle pris conscience, comme beaucoup d’autres, de vivre dans une poche d’opulence absolue comme une île au milieu de toutes les tempêtes. « Ma visite à Visa avec mon amie Sandrine, a renforcé ma conviction personnelle qu’il faut lutter et militer pour l’environnement. Et les expositions que je vois sont des éléments supplémentaires de motivation pour modifier nos comportements» ajoute Valérie une autre visiteuse devant les images frappantes de Samuel Bollendorff l’homme qui a fait le tour du monde des tortures infligées à la nature…Contre nature !

Visa pour l’image à Perpignan (Pyrénées-Orientales) jusqu’au 16 septembre 2018.
www.visapourlimage.com
Ce qu’il ne faut pas manquer à Visa :
Kevin Frayer : Voyage du désespoir : L’exode des Rohingyas. « La route des larmes ».
Miquel Dewever-plana : Pour tout l’argent du Potosi. « Au fond de la mine, les hommes ».
Olivier Jobard. Ghorban, né un jour qui n’existe pas. « La nouvelle vie du petit migrant »
Noël Quidu : Syria on my mind. “Le grand chaos”.
George Steinmetz : Big food. « Bon appétit! »
Véronique de Viguerie / Yemen, cette guerre qu’on nous cache. « Vie sans répit ».
Samuel Bollendorff : Contaminations. « Contre nature ».

Guerre sans répit au Yemen.
Véronique de Viguerie. Visa d’Or Paris-Match 2018. Yemen, la guerre qu’on nous cache.

Deux soirées de projection à
Paris pour fête les 30 ans de Visa pour l’image. les samedi 15 (20h00)
Et dimanche 16 septembre (16h00) à La Grande Halle de la Villette.