Les prix des billets de train et d’avion, ceux des notes d’hôtel explosent. Pour les professionnels en déplacement comme pour les voyages touristiques. Analyse de la situation avec les experts du salon Top Resa de Paris .
Les acteurs du tourisme d’affaires présents au salon de Paris envisagent l’avenir avec grande prudence après avoir traversé l’orage pandémique pour les exercices 2020 et 2021. Les dépenses liés aux déplacements professionnels avaient dégringolé à 8,9 Mds € en 2019 (29,9 Mds € l’année précédente). Puis, elles avaient redémarré timidement à 12,8 Mds € en 2021 avant de reprendre un rythme de croisière pendant cette année 2022 à 20,1 Mds € (67 % du plus haut niveau historique de 2019). Un retour au meilleur niveau est attendu pour 2024 si toutes les bonnes conditions d’exploitation sont réunies (30 mds €… Ou seulement 22,8 Mds € en 2024) en cas d’obstacles en cours de remontée en puissance.

Pour 2022, les experts notent un retour à un marché dynamique après un début d’année compliqué, impacté par l’émergence d’Omicron. Pour 2023 (projections entre 22,2 Mds € et 25,8 mds €) l’inflation et l’urgence climatique pourraient réduire la dynamique perceptible à l’heure qu’il est. La pénurie de personnel et une possible récession ou un ralentissement économique sont encore considérés comme des freins possibles à la croissance alors qu’un retour de l’épidémie, une crise énergétique ou des tensions géopolitiques constituent des nuages virtuels.
La valse des factures
En attendant d’y voir clair sur ces différents paramètres, il s’agit de prendre en compte les augmentations des factures de voyage pour répercuter le glissement des coûts. Ainsi les billets d’avion en France devraient augmenter entre 7,6 % et 9,8 % (selon les compagnies). En Europe l’inflation des billets serait plus modérée (4,2 % à 5,9 %), pour dépasser les 10 % dans les reste du monde (entre 9,3 et 12,5 %). Les tarifs ferroviaires vont aussi augmenter, modérément en France (de 3,8 à 6,2 %), de façon plus importante, l’échelon européen (7,2 à 9,4 %). Au salon de Paris, un porte-parole de la SNCF s’est engagé à ne pas répercuter totalement la hausse du coût de l’énergie de 10 % sur les prix des billets. Dans l’hôtellerie, l’autre composante du voyage, on n’attend pas de ristournes, bien au contraire. De 5,5 à 7,2 % d’augmentation en France en 2022, de 4,1 à 6,3 % et de 7,2 à 9,9 % au plan global.
L’inflation dans les grandes métropoles européennes
Pour dormir on note de grandes distorsions de prix entre les grandes capitales avec une inflation record à 29 % pour Londres (253 € la nuitée). Genève suit 0 + 16 % (257 €) avec le retour des déplacements des membres des grandes organisations internationales et après la fermeture et parfois la disparition de plusieurs établissements transformés en appartements, mouvement fourni par la forte rentabilité immobilière dans la capitale du Léman. La hausse des tarifs constatée à Paris est de 12 % (239 €), de 7 % à Milan (173 €). Prix de la chambre stable à Francfort (123 €) et en légère baisse à Bruxelles (- 3% à 144 €). Et cette inflation des prix devrait se poursuivre. « Avec des augmentations comme celles-ci et en prenant en compte le maintien du confort et du bien-être des voyageurs d’affaires, les directeurs financiers pourraient y regarder à deux fois avant de faire se déplacer des collaborateurs pour concentrer les dépenses sur des déplacements inévitables » indique l’un des experts de la table ronde organisée à Top Resa le salon de Paris. Et les directeurs RSE vont aussi apporter leur grain de sel, pour ne pas varier de la trajectoire fixée pour réduire l’empreinte carbone de l’entreprise.