Peugeot 208 Fer de lance de la stratégie électrique de PSA
Peugeot 208 fer de lance de la stratégie électrique de PSA. Elle a été élue voiture européenne de l'année et la voiture la plus vendue en France.

Comment déstocker rapidement 400 000 véhicules invendus majoritairement thermiques avec des primes accordées à des véhicules électriques voire hybrides ? C’est le paradoxe absolu du #planauto d’aides accordées à la filière automobile française et dévoilé le 26 mai par le président Emmanuel Macron.

C’est le grand déconfinement pour les conducteurs électrophiles. Ils peuvent donc désormais compter sur une prime qui peut atteindre 7000 € contre 6000 € précédemment. S’ils se débarrassent d’un véhicule ancien, d’avant 2006 et si le revenu fiscal du foyer n’excède pas les 18000 €, les acheteurs peuvent aussi empocher 5000 € de prime supplémentaire toujours pour rouler électrique.Si les candidats au changement optent pour un véhicule thermique récent, moins polluant et moins cher à l’achat (en moyenne de 10 000 €), la prime promise est de 3000 €.

L’Etat déstocke 8 Mds € pour sauver la filière française

L’Etat est aussi devenu généreux avec les entreprises avec une prime de 5000 € contre 3000 € précédemment. L’acquisition d’un hybride rechargeable est également primée à hauteur de 2000 €. Pour ceux qui veulent entrer dans l’univers électrique par le marché de l’occasion, ils pourront également bénéficier d’une aide jusqu’à 5000 €, à condition de se séparer d’un véhicule polluant. Il s’agit là bien sûr de changer de paradigme de l’industrie automobile grâce à un plan de soutien annoncé à 8 Mds € dont 5 Mds€ déjà destinés au groupe Renault en grandes difficultés. Pour après-demain, il s’agit de transformer la France en usine de fabrication de véhicules électriques, devenir le premier producteur européen de véhicules autres que thermiques avec l’objectif d’un million de voitures « vertes » d’ici 2022. Dans le même temps, le président promet le développement éclair du parc des points de recharge (100 000 points fin 2021 contre 30 000 postes accessibles).

Les moteurs thermiques pour faire bouillir la marmite

Mais encore aujourd’hui, ce sont les moteurs thermiques qui font bouillir la marmite sociale nationale avec beaucoup de sous-traitants disséminés sur le territoire comme l’a lui-même reconnu sur RTL Luc Chatel qui dirige la plate-forme de l’automobile qui rassemble tous les acteurs de la filière. Car encore aujourd’hui derrière les grands discours que les dirigeants des grands groupes tiennent sur le tout-électrique dans les salons internationaux, ce sont encore et toujours les blocs thermiques qui font tourner tous les compteurs. Pour l’instant, la France est à la traîne avec un parc de 315 000 véhicules électriques (dont 20 % d’hybrides) sur un parc de plus de 20 millions de voitures. En attendant l’heure verte, il faut dégager le stock impressionnant qui dort sur les parkings des constructeurs et des revendeurs : 400 000 autos, voire 500 000 à fin juin si les français tardent à se précipiter dans les concessions et dans les parcs d’occasion. Dont plus de 90 % constitués par des véhicules thermiques qu’il faut écouler le plus rapidement possible avant de relancer la production dans les usines. Les constructeurs français se sont engagés. Renault assemblera son futur moteur électrique à Cléon en Normandie. Et Peugeot va assembler la très prometteuse Peugeot 3008 à Sochaux. En attendant la mise en place de cette stratégie vertueuse, c’est toujours le casse-tête absolu à l’heure du grand embouteillage commercial. Car de très bonnes voitures thermiques à prix souvent intéressants sont actuellement sur le marché de l’occasion.