Titouan Galéa dans ses oeuvres à La Franqui. (c) Zinou Guiri
Titouan Galéa dans ses oeuvres à La Franqui. (c) Zinou Guiri

A Leucate, le rendez-vous mondial de la glisse a été maintenu. Au prix d’une véritable prouesse sanitaire pour isoler tous les acteurs du rendez-vous annuel qui avait été annulé en 2020. Plus de 250 personnes vivent dans un camp retranché jusqu’au dimanche 2 mai.

Les petits-enfants de Mary Poppins, celle qui volait dans les airs des dessins animés de Walt Disney à l’aide de son parapluie, ont débarqué cette semaine à La Franqui pour le Mondial du Vent 2021. Car, y compris dans la tempête sanitaire, ce grand rendez-vous mondial est maintenu mais à huis clos avec les participants enfermés dans une bulle sanitaire absolue. Les acrobates du Wingfoil, la nouvelle discipline en vogue dans le monde de la glisse, ont posé leurs sacs en catamini après un parcours du combattant sanitaire, émaillé de mises en quarantaine avant d’intégrer la grande bulle sanitaire de ce Mondial du Vent 2021. Cette année point de public ni même de ferveur populaire pour ceux qui participent à cette première étape du grand circuit mondial et l’unique rendez-vous français. « C’est pour ça qu’il fallait que le mondial se tienne, y compris pendant cette période de confinement sanitaire. Mais il a fallu respecter un protocole draconien afin que la bulle sanitaire soit parfaite, en espérant qu’elle soit  bien plus hermétique que celle de l’équipe de France de rugby voici quelques semaines » explique Michel Py, le maire de Leucate, totalement impliqué dans le vent de ces disciplines depuis bientôt trente ans. Mais pour satisfaire aux normes du confinement  et de cette  fameuse bulle sanitaire, point de public. Et encore mieux, le spot a été totalement déplacé vers la plage des Coussoules, isolée et taillée sur mesure pour que la communauté du Mondial puisse se barricader, se tester pendant toute la durée de la compétition. Sauf à le rejoindre à la nage, le spot est totalement inaccessible depuis la fermeture de l’unique route d’accès.

Viglamo camp retranché du Mondial du vent

Titouan Galéa dans ses oeuvres à La Franqui. (c) Zinou Guiri
Titouan Galéa dans ses oeuvres à La Franqui. (c) Zinou Guiri

 Tous les acteurs sont logés à la même enseigne, plutôt prestigieuse, celle du camping Viglamo un établissement au charme absolu avec vue sur plage des Coussoules, interminable ruban sauvage de sable qui court sur huit kilomètres, sans aucune construction. Compétiteurs ou officiels, ils n’ont aucune possibilité de quitter le théâtre des opérations, sous peine de ne pouvoir jamais revenir dans la bulle. A l’intérieur, c’est l’ambiance “discipline sanitaire” : tests réguliers et prises de température. A l’extérieur, c’est-à-dire au village, voici l’ambiance morne plaine des plages de fin d’hiver. Les milliers de spectateurs quotidiens sont absents, médiocrement suppléés par quelques promeneurs des environs de La Franqui parvenus d’un rayon de 10 kilomètres ce qui limite forcément la fréquentation. Et ces rares observateurs doivent se forcer pour admirer dans le lointain des Coussoules les figures interprétées. Qu’importe ! Les meilleurs mondiaux sont là pour assurer le show et surtout alimenter la toile. Car cette année, c’est en vidéo et à distance que le Mondial se joue. « Nous avons lourdement investi  dans le traitement numérique de l’évènement. Nous délivrons des images de toutes les compétitions et de nombreux reportages en coulisse de l’évènement pour que nos passionnés puissent vivre ce qui se passe. Et nous attendons un très bon spot de vent fort pour ce week-end » explique Valérie Salles, l’une des responsables du Mondial du Vent.

Retrouver enfin les copains du circuit international

«Certes, il n’y aura pas l’engouement du public mais c’est très important pour nous de renouer avec la compétition internationale après pratiquement dix-huit mois d’arrêt total. Et puis cela fait vraiment plaisir de retrouver les copains du circuit qu’on ne voyait plus depuis des mois. On vit un bon moment et on remet les pieds dans la compétition » commente Niko Akgaciyan champion de windsurf, passionné de Wingfoil, assigné à résidence lui-aussi au glamping alors qu’il habite au village à trois bords de sa propre maison. La Franchi vit ainsi son premier Mondial sans effervescence, sans village de la glisse, ni atelier d’essais du matériel et sans les compétiteurs amateurs cette année. Ni même bien sûr la joyeuse animation festive dans les bars pour la communauté mondiale de la glisse, soumise, comme tous, à la fameuse distanciation sociale. Les passionnés en sont quitte pour rester à la maison, en charentaises ou en tongues pour détailler les acrobatiques prestations des champions de Leucate. Sur le net! Ce qui n’est pas une mince compensation.

Pour tout voir et revoir :

www.Mondialduvent.fr et sur tous les réseaux sociaux