Dixième édition du salon international des Multicoques de La Grande Motte.
Dixième édition du salon international des Multicoques de La Grande Motte.

Les Catamarans avancent à grande vitesse sur un marché de la nouvelle plaisance en pleine révolution des usages. C’est ce qui ressort du grand rendez-vous mondial de La Grande-Motte.

L’édition 2019 du salon international des multicoques a été une vraie réussite. Elle s’est achevée, le 28 avril dernier sur des notes d’enthousiasme teintées d’euphorie, malgré deux premières journées sous vent violent et traversées par les averses. Soixante exposants ont ainsi pu exhiber plus de cent-cinquante bateaux dont une quinzaine de pures nouveautés. Puisque désormais tous les grands acteurs de la plaisance multicoque passent par La Grande-Motte (Hérault) autoproclamée capitale mondiale de la navigation sur plusieurs coques pour un salon qui avait démarré voici dix ans à Lorient, organisé par les bretons Philippe Michel et Fred Morvan (M2 production).

La Grande-Motte, capitale des catas

Catamaran de 40 pieds, comme ici un modèle de chez Catana dans la gamme Bali
Catamaran de 40 pieds, comme ici un modèle de chez Catana dans la gamme Bali. Photo TopSud News

« En 2013, lorsque les deux organisateurs sont venus me trouver pour me dire qu’ils souhaitaient pérenniser le salon à La Grande-Motte, j’avoue que j’ai été surpris. On était jusque-là sur une alternance annuelle avec Lorient. Budgétairement il avait fallu trouver des solutions. Mais aujourd’hui la manifestation incarne parfaitement la ville. Et bien sûr le salon à flots aura toute sa place dans la nouvelle entité portuaire en projet qui nous permettra de proposer 1 950 anneaux soit 400 emplacements supplémentaires » explique Stéphan Rossignol, maire de la station qui a trouvé le vecteur idéal pour un repositionnement stratégique de la ville vers une premiumisation de son visitorat. Car les acheteurs de beaux bateaux à plusieurs coques ont adopté La Grande-Motte. « Nous avons cette année, l’émergence d’une nouvelle clientèle sud-américaine, des péruviens, des chiliens qui viennent jusqu’à La Grande-Motte pour nourrir leur passion, acheter le bateau dont ils rêvent. Ils viennent en famille, Ils adorent l’architecture de la ville. Et pour les américains c’est pareil » explique Philippe Michel co-fondateur du salon qui parle d’un millésime 2019 d’exception. Car les catamarans connaissent une embellie commerciale historique. « Tout le monde a beaucoup vendu. Tous les opérateurs sont satisfaits. Ils ont bien travaillé comme on dit. Il faut dire que la plaisance de location est en plein boom et que le catamaran est aujourd’hui l’arme absolu pour naviguer dans de très bonnes conditions de confort, de stabilité » poursuit Philippe Michel. Il faut dire que les constructeurs ont réalisé des prodiges pour optimiser l’usage du pont, pour en faire un lieu de vie aussi vaste, aussi cosy que possible pour héberger pour des croisières de moyenne durée, les nouveaux plaisanciers, bien souvent des jeunes qui veulent profiter de la mer sans en supporter les accommodements techniques. « Aujourd’hui, plus personne n’a envie d’arriver quelques jours avant la croisière pour nettoyer le bateau, le réparer, le mettre en état parfois pendant plusieurs jours avant de lever l’ancre. Aujourd’hui, les clients ont bien souvent peu de temps devant pour ce type de vacances. Ils adorent arriver au port et prendre en main un bateau avec le plein de carburant et le frigo bien rempli » explique Nicole Baldi, directrice marketing de la société  Léopard. Cette firme de rayonnement international,   offre exactement ce type de prestations grâce à des « 40 pieds » qui appartiennent à des investisseurs. Le rendement annoncé est de 9 % dans les Caraïbes où l’on peut naviguer pratiquement douze mois sur douze. Et, pour les constructeurs de catamarans comme pour les loueurs, l’embellie devrait se poursuivre. « Les utilisateurs de bateau ont aujourd’hui compris que naviguer dans un monocoque, cela revient à passer le plus clair de son temps à la cave, à regarder la mer par un hublot alors que sur un catamaran moderne, on est constamment au-dessus du plan d’eau à 360° » ajoute encore Philippe Michel. D’ailleurs pour la première fois de l’histoire, les multicoques habitables ont généré en France un chiffre d’affaires supérieur à celui des monocoques. Et les habituels grands opérateurs du monde de la plaisance diversifient leur production en rachetant des petits constructeurs de catamarans. Pour ne pas se retrouver dépourvus quand l’hiver du monocoque sera venu.

L'intérieur luxueux d'un quarante pieds de chez Bali.
L’intérieur luxueux d’un quarante pieds de chez Bali. Photo TopSud News