Première semaine de déconfinement dans le sud de la France
Première semaine de déconfinement dans le sud de la France. Déconfinement progressif.

Pouvoir sortir enfin d’entre les murs au bout de cinquante-cinq jours d’assignation à résidence, c’est la semaine du déconfinement. Oser progressivement retrouver une nouvelle vie. Après le déluge.

Déconfinement = rush sur les coiffeurs, les cigarettes et l’alcool comme ici au Perthus. (c) topsudnews

Il fallait sans doute une forte dose de calcul politique ou d’ignorance des phénomènes météo récurrents pour choisir comme jour du grand déconfinement français, celui de de la Saint Mamert, le premier des trois saints de glace qui terrorisent tous les jardiniers éclairés de ce pays. Moyennant quoi, on peut estimer que 75 % du territoire s’est déconfiné du Coronavirus bien à l’abri des trombes d’eau qui se sont abattues.

Sauf pour les besoins de première nécessité absolue de la vie moderne : courir chez le coiffeur, se racheter des vêtements ou partir en urgence pour le Perthus pour remplir le coffre de la voiture de cartouches de cigarettes et de bouteilles d’alcool de grand format et de petite taxation dans les magasins espagnols. Dans le sud-ouest la séquence a tourné au déluge.

Joie de vivre et bières

Comme il faut toujours beau quelque part, la célébration du déconfinement a tout de même eu lieu à Paris sur les berges du canal Saint Martin, à base de joie de vivre, de bières et de vin rouge, avant dispersion par les forces de l’ordre. Pendant quelques heures de vide juridique, le temps que le conseil constitutionnel valide les données complexes du nouveau plan d’urgence sanitaire, le pays tout entier a retrouvé une vraie liberté d’aller et de venir, au-delà de la nouvelle barrière fatidique des 100 kilomètres.

Transporter les plus belles  nouvelles

Comme un rêve éveillé de quelques heures, comme si Robespierre n’avait jamais existé. Les plus proactifs ont pu ainsi rejoindre leurs proches et leur famille à l’autre bout de l’hexagone pour transporter les plus belles nouvelles que l’on puisse entendre, après une longue et parfois effrayante nuit de deux mois faiblement éclairée de numériques échanges à distance.  Ce lundi de la liberté, ce fut une courte séquence sans se taper la tête contre un mur ou se heurter à une patrouille de « l’attestation autodéclarée». Arriver au bout du confinement sans être passé par la case urgence et réanimation, sans avoir perdu d’amis ou de familiers dans cette bataille sanitaire mondiale, est déjà une fondamentale satisfaction.

Voyageur masqué peu aguerri

pas de plage libérée aux premiers jours du déconfinement. (c) topsudnews.

Qui se rapproche de celle que peut ressentir, un voyageur masqué, peu rompu à l’exercice de la guerre et qui vient de traverser un champ de mines sans trébucher. Oh, ce voyageur-là ne triomphe pas. Et, il ne pleure pas non plus sur la frustration supplémentaire d’être, une autre fois encore, privé de plage et de bain de mer tellement bon pour la santé, cette santé aujourd’hui martyrisée. La Méditerranée et l’Océan attendront des jours meilleurs. Après Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint Servais les saints de glace, à priori l’hiver trépasse. Mais cette fois-ci, les dictons de potager ne suffiront pas à sauver le printemps pandémique. Et les apparences.