Le temps presse. Les scientifiques du monde entier chassent en meutes l’antidote du Coronavirus. Les équipes britanniques, adossées à l’université d’Oxford, sont les premières à donner une date de vaccin. Ils vont tester scientifiquement l’hydroxychloroquine.

« Si tout se déroule parfaitement dans le cursus de nos recherches, on peut penser qu’un premier vaccin pourrait être disponible en septembre prochain » estime Sarah Gilbert professeure de vaccinologie à l’université anglaise d’Oxford prés de Londres. C’est ce qu’elle a déclaré dans une interview accordée au journal britannique The Sun. Cette spécialiste mondiale des vaccins contre les épidémies est aussi la cofondatrice du laboratoire Vaccitech et du Jenner institute, un centre de recherches bien armé pour lancer la contre-offensive vaccinale.

Programme international Recovery

Professeure Sarah Gilbert, de l’université d’Oxford. (c) Oxford university. Campuslive.

Les épidémiologistes britanniques estiment être les mieux placés pour faire la course en tête contre le virus Covid-19. Dans le cadre du programme international Recovery, ils ont mis en route ce qu’ils estiment être « le plus grand essai clinique randomisé au monde » sur les traitements potentiels contre la famille des Coronavirus. Plus de mille patients volontaires ont déjà été recrutés dans 132 hôpitaux britanniques différents. Ces patients sont répartis dans deux cohortes scientifiques distinctes. L’essai clinique numéro 1 vise 512 patients en bonne santé entre 18 et 55 ans. Le second groupe, toujours d’environ 500 personnes, est constitué de patients à partir de 55 ans.

L’hydroxychloroquine testée en Angleterre

Les chercheurs britanniques, réunis sous la direction des professeurs Peter Horby et Martin Landray (départements de médecine et de santé publique de Nuffield) souhaitent vérifier le potentiel antiviral de trois groupes de molécules : Lopinavir-Ritonavir jusque-là utilisé pour traiter le VIH, puis Dexamathasone (réduction de l’inflammation). Enfin et surtout ils vont évaluer dans une étude comparée, l’hydroxychloroquine, le fameux traitement contre le paludisme mis en avant par le professeur Didier Raoult qui dirige l’IHU Méditerrannée Infection de Marseille. Car le traitement anti-covid-19 phare du moment, souffre d’un déficit de publications d’études scientifiques randomisées.

Les épidémiologistes britanniques se donnent une dizaine de jours pour rentrer dans le vif de l’étude, le temps de faire fabriquer, dans de bonnes conditions de sécurité, les doses nécessaires dans une usine italienne du groupe pharmaceutique américain Advent. Pour aller plus vite, les équipes britanniques comptent sur les recherches menées ces dernières années sur la famille des Coronavirus par le Jenner institute notamment dirigé par la professeure Sarah Gilbert.

Les études autour du syndrome respiratoire du Moyen-Orient pour contrer le Covid-19

« En utilisant une technologie connue et maîtrisée pour bien fonctionner sur un autre vaccin, nous sommes en mesure de réduire de manière importante le temps nécessaire à la préparation des essais cliniques. Nos travaux antérieurs, notamment sur le MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) nous permettent d’aller plus vite » explique la professeure Gilbert sur le site web du Jenner institute. Au fur et à mesure des semaines qui passent, elle et les autres chercheurs compilent de précieuses constations sur le développement du virus. Mais pour que l’on puisse se protéger du Covid-19, encore faudra-t-il un déroulement totalement harmonieux et pertinent de ces essais cliniques.