Richard C. Delerins, anthropologue : Food 2.0 Lab
Richard C. Delerins, anthropologue : Food 2.0 Lab

Le vin rosé poursuit sa percée sur le marché mondial, boostée par la fracassante entrée des Millennials dans la consommation vinicole. C’est ce qui est ressorti des cinquièmes rencontres internationales du rosé qui se sont tenues à Marseille.

Richard C. Delerins anthropologue français installé à Los Angeles est catégorique. Le vin rosé est devenu l’une des boissons vinicoles favorites des Millennials, communauté au sens large, des jeunes nés après 1982. Le co-directeur de Food 2.0 Lab, chercheur au CNRS, est le spécialiste mondial de l’analyse des nouvelles modes alimentaires. Et il a confirmé son analyse lors des cinquièmes rencontres Internationales qui se sont tenues au Mucem de Marseille. Il estime que les valeurs portées par le vin rosé sont les mêmes que celles des Millennials qui vivent « une rupture générationnelle dans leur mode de vie, de pensée, de s’alimenter. « On assiste à une mondialisation des comportements. Les Millennials de Marseille ont des comportements proches de leurs homologues de New York ou de Londres, bien plus proches en tout cas  que ceux de la génération précédente » explique notamment Richard C. Delerins. Et il explique que les Millennials représentent aujourd’hui la génération la plus importante jamais rencontrée dans l’histoire de l’humanité. Et que ces Millennials hyper-diplômés, urbanisés, représenteront en 2030, les ¾ de la population active de la planète.

L’envolée du vin rosé

Brice Eymard, directeur du CIVP

Ces considérations sont à rapprocher de l’analyse prospective nourrie par l’observatoire du rosé qui promet une nouvelle séquence de croissance de la consommation des vins rosés dans le monde. De 2002 à 2017, les ventes ont explosé de 30 % pour passer de 18 millions d’hectolitres à 23 (M.hl), notamment grâce la montée en puissance des vins rosés de Provence qui ont ouvert la voie internationale, notamment aux États-Unis. Les experts imaginent qu’une croissance à la même vitesse est sérieusement envisageable et même attendue d’ici 2035 avec une prévision de ventes qui pourrait atteindre la barre des 30 M.hl, à condition que les producteurs soient capables de suivre la cadence et de satisfaire la demande : en quantité mais aussi et surtout en qualité et en homogénéité. On nous disait que c’était un effet de mode et qu’on n’en parlera plus il a pris sa place qui entre dans les codes de consommation et il va continuer à progresser. « Tous les éléments sont réunis pour cette croissance » explique Jean Jacques Bébian le président du Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence (CIVP). « Les autres régions de production viticole ont très bien compris qu’il fallait faire du rosé. Il y aura donc plus de concurrence » poursuit Jean-Jacques Bébian. Car désormais, les producteurs sont littéralement obnubilés par la problématique de fourniture des marchés. Pour l’année 2017, grande année de sécheresse, on a livré dans le monde  23,4 Mhl pour une producteur globale de 20,2 Mhl. La récolte 2018 sera bien meilleure. Voici les millennials rassurés pour la pérennité de leurs pink-party entre amis !